Patrimoine religieux : mobilier.

 

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.LES JUBES.

 

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Venant du premier mot de la prière « Jube, Domine, benedicere » qui était chantée avant la proclamation de l'Évangile, le terme « jubé » est utilisé pour désigner une clôture transversale de bois ou de pierre qui ferme le chœur d'une église, généralement entre les deux piles orientales de la croisée du transept. Cette clôture est percée d'une ou de plusieurs portes et souvent couronnée d'une tribune à laquelle on accède du chœur par des escaliers. Le jubé comprend donc trois éléments principaux :

 

1.      Une clôture dont la partie supérieure ajourée repose sur un bahut formé de panneaux pleins, contre lequel, du côté de la nef, s’adossaient des autels secondaires.

2.      Une tribune qui, par sa fonction, jouait le rôle d’un trait d’union entre les clercs, auxquels était réservé le chœur de l’église, et les laïcs, cantonnés dans la nef.

3.      Une Crucifixion dominant la tribune. Tournée du côté des fidèles, elle matérialisait le sacrifice du Christ renouvelé par le prêtre lors de la messe. Le plus souvent, le Christ est figuré entre Marie, sa mère, et l’apôtre Jean. Parfois seul, il n’est qu’exceptionnellement entouré de la Vierge, de saint Jean, de Marie-Madeleine et des deux larrons.

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre en Melrand.

 

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Le superbe jubé de Saint-Fiacre du Faouët

 

Le jubé qui, par sa galerie, réunit deux autres éléments du mobilier religieux : le tref et le chancel.

 Le tref, plus connu sous le nom de poutre de gloire, relie, à l’entrée du chœur, les deux murs de la nef, marquant la séparation entre la place réservée aux laïcs et celle convenant aux clercs qui assuraient le culte. Le thème de la Crucifixion qui s’affirme ainsi dans de nombreuses églises ou chapelles est fort répandu dans l'iconographie bretonne depuis les grands calvaires des enclos paroissiaux jusqu’aux humbles croix érigées à l’angle de tant de chemins.    
Quant au chancel, il consiste en une clôture du chœur, qui ferme celui-ci du côté de la nef, mais aussi des côtés nord et sud du chœur de l’église. L’habitude de clore le chœur de l’église provient sans doute d’une influence monastique.
Dans les églises cisterciennes, la clôture isolait les moines des infirmes et des malades.

Il subsiste en Bretagne douze jubés complets sur la centaine d'origine : L’ampleur des destructions des jubés en Bretagne a donc été considérable. Leur démolition, outre la vétusté, la folie révolutionnaire, tient à une cause essentielle qui est l’évolution de la mentalité religieuse et des conceptions liturgiques après le Concile de Trente (1545-1563). Les jubés et les clôtures contrevenaient à une union plus grande des laïcs aux offices ; de plus, ils empêchaient la vision des grands retables baroques dont la construction frénétique commençait au début du XVIIe siècle. Les clôtures et les jubés furent peu à peu démontés ou démolis pour céder la place aux chaires à prêcher qui allaient devenir des éléments indispensables, voire même de purs chefs-d'œuvre, dans toutes les églises y compris dans les plus petites chapelles perdues dans le terroir…

 

Le jubé de Sainte-Avoye en Pluneret

 

Détail du jubé de Sainte-Avoye

 

 

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Jubé de Saint-Fiacre du Faouët : l’oie

 

 

Dans la campagne morbihannaise : le jubé de Saint-Nicolas en Priziac

 

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Jubé de Saint-Fiacre du Faouët : le canard

 

Le jubé de Kerfons en Ploubezre

 

 

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Le jubé de Loc-Envel

Lancettes, pinacles, fleurons et oculi se succèdent en une véritable dentelle de bois.

 

 

 

Certaines parties furent réemployées pour clore des fonts baptismaux ou des chapelles latérales : les tribunes furent remontées au bas des nefs où elles reçurent parfois des orgues.

Le style et les décors des jubés permettent de connaître une page importante de l’histoire de la Bretagne et d’y suivre l’évolution du mouvement artistique.

Le jubé de Saint-Fiacre du Faouët est le plus ancien des jubés de bois conservés en Bretagne : c’est aussi peut-être le plus beau. Il porte la date de 1480. Il est composé d’une clôture ajourée que domine une tribune en encorbellement.

Le décor Louis XII marque le passage entre le gothique et le style Renaissance ; il se caractérise par l’utilisation d’oves, de pilastres, de modillons et de denticules et surtout par ses colonnes aux fûts ornés de cannelures, de bandes soit spiriformes, soit champlevées, et formant en ce cas une surface en « nids d’abeille » : ces décors spiralés ou losangés pouvant coexister sur une même colonne. Les jubés de Kerfons, de Locmaria s’inspirent du style Louis XII.

 Aux caractéristiques Louis XII, le jubé de Loc-Envel ajoute des éléments du décor Renaissance : vases, oiseaux, rinceaux, tout en conservant une structure générale gothique. Il en va de même à Lambader et à Plélauff.

On construisit un jubé au XVIIe siècle à l'entrée du chœur de la cathédrale de Quim­per pour recevoir le reliquaire du bras de saint Corentin. Des escaliers et des passages nous révèlent qu'il y en avait autrefois à la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, à Saint-Michel de Quimperlé, à Notre-Dame de Kerdévot et probablement à Quilinen. Aujourd’hui, il n'en reste que sept, dont deux en pierre et cinq en bois, dans le Finistère.

 

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Le chancel de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou.

 

 

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La Roche-Maurice

 

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Grotesque du jubé de la Roche-Maurice

 

 

 

Le jubé du Folgoët est la merveille de la sculpture en pierre en Bretagne. C'est la découpure la plus fine et la plus déliée qui ait été faite dans le Kersanton, formant trois arcades à redents et guirlandes qui soutiennent une plate-forme entourée d'une galerie à arcatures d'un côté et à quatre-feuilles de l'autre.

Le jubé de Lambader, daté de 1481, est aussi l'expression la plus parfaite du travail sur bois. Au milieu des fantaisies et des enchevêtrements les plus harmonieux du style flamboyant, on y trouve déjà deux ou trois panneaux qui sont absolument dans le génie de la première Renaissance.

À la Roche-Maurice nous sommes en pleine Renaissance ou même dans le style Louis XIII. On y distingue beaucoup d'habileté, de correction et d'imagination.

Pareilles qualités sont à louer dans le jubé de Saint-Herbot qui offre un plus grand développement, vu qu'il se continue sur les deux côtés par une sorte de chancel en clôture fermant le chœur. À l'intérieur est une série de quinze stalles surmontées d'un dais continu faisant saillie de 0,60 m, séparées par des accoudoirs très épais et ayant sous les miséricordes des sujets très bien sculptés et tous variés. Il est à croire que cette œuvre est à peu près de même date que les vitraux de l'église, c'est-à-dire de 1556 environs.

 

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Miséricorde du chancel de Saint-Herbot

 

À Berven nous trouvons la même disposition dans l'ensemble, mais pas la même perfection dans le travail. Les arcatures en pierre formées de colonnettes cannelées, qui ferment le chœur par devant, ainsi que les clôtures de bois des deux côtés, sont réellement classiques, mais les panneaux de la plate-forme et du couronnement sont plus incorrects, ce qui n'empêche pas cette œuvre d'avoir grand air et grande valeur, surtout si on considère les stalles qui y sont adossées et qui sont en vérité un travail dun excellent style, grâce aux cariatides genre sphinx qui en forment les séparations.

 

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Jubé de Berven, côté chœur.

 

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Les cariatides ailées des stalles de Berven

 

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Jubé de Saint-Fiacre du Faouët : personnage non identifié

 

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Jubé de Saint-Fiacre du Faouët : personnage non identifié

 

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Jubé de Saint-Fiacre du Faouët : messe de saint Grégoire

 

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Jubé de Saint-Fiacre du Faouët : Saint Martin baptise un catéchumène à

 

 

 

 

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Jubé de Plélauff : La Gourmandise

 

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Jubé de Plélauff : La Luxure

 

 

 

 

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Adam et Eve chassés du Paradis terrestre au Faouët

 

 

 Réalisation et crédit photographique :

Alain Ménard (propriété de l’auteur. © 2008 – Bretagne-sacree.fr). Reproduction interdite

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Le style Renaissance affirme sa prédominance aux jubés de Sainte-Avoye en Pluneret et de Saint-Nicolas en Priziac. Les clôtures n’y sont plus ajourées par un réseau flamboyant mais par des balustres en bois tourné. Le programme iconographique s’enrichit aussi : aux Apôtres s’ajoutent les Vertus théologales et cardinales. Le chancel de Saint-Herbot joint à cet ensemble les Sibylles et celui de Priziac les miracles de saint Nicolas.

 

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La légende de saint Nicolas sur le jubé de Priziac

 

 

 

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