. Le Méné Bré .

 

 

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PEDERNEC

ÉGLISE SAINT-PIERRE

 

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« Le culte de sainte Barbe est un des plus populaires qu'il y ait en Bretagne, et sa légende, ou, pour parler comme le mystère, sa douce, sa tiède histoire, s’y raconte encore aux veillées d'hiver ». (Anatole Le Braz)

 

 

 

L’église fut édifiée au XVIe, XVIIe et XIXe siècle. Elle a subi de nombreuses reconstructions, la plus importante datant de 1847. La sacristie date de 1637. Le transept sud et  le mur gouttereau sud datent du début du XVIe siècle. Des réfections furent effectuées en 1712 et 1725 par Yves Couly.  En 1906, sur les plans de Guillaune Lageat, la tour ouest et le clocher actuel furent érigés. Le gros œuvre est en granite et la couverture en ardoise. En 1999, d’importants travaux commencèrent pour la mise en sécurité du porche, avec reprise des fondations, des maçonneries, des charpentes et des couvertures. L’église est inscrite partiellement aux Monuments historiques depuis 1970.

 

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L’église de Pedernec contient sept panneaux du martyre de sainte Barbe, dans le transept à droite du chœur, en face du retable du Rosaire. Ces panneaux, pleins de verve mouvementée, proviendraient de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette. Ce sont des bas-reliefs, en bois ciré, inspirés des gravures germaniques de l’école de Dürer (fin du XVe, début du XVIe siècle). La lecture s’effectue de droite à gauche. L’ensemble fut classé au titre objet le 1er mai 1911

 

 

 

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Barbe est née en Turquie 235 ans avant Jésus Christ. Son père Dioscore était un homme païen, cruel et possédait tous les vices d’un barbare. Barbe était une belle adolescente, passionnée très tôt par ses lectures chrétiennes. Son père, ne parvenant pas à l’éloigner de ses livres, la fit enfermer dans une tour inaccessible (elle ne comportait qu’une porte et deux fenêtres seulement), la soustrayant ainsi aux regards des prétendants au mariage, protégeant par la même occasion sa fortune personnelle. Profitant d’une absence de son père, elle fit percer une troisième fenêtre pour symboliser son culte pour la Trinité. La légende raconte qu’elle dessinait aussi sur les murs des croix, représentations de ses croyances. Son père furieux lui demanda d’abjurer sa foi : Barbe refusa et réussit à s’enfuir… Rattrapée, traînée de force par les cheveux attachés à la queue d’un cheval, elle fut emprisonnée dans sa tour : on l’y traita comme une esclave. Mais rien n’y fit et Barbe persistait dans sa foi. En désespoir de cause, son père la présenta au tribunal de Marcien, alors gouverneur de la province, chargé d’appliquer les édits promulgués contre les chrétiens. Elle fut flagellée puis emmenée en prison alors qu’elle n’avait que 16 ans. Miraculeusement, le Seigneur lui apparut cette nuit-là dans sa lumière éblouissante : il la guérit aussitôt de ses plaies lui demandant de persévérer dans sa foi. Le lendemain, devant le tribunal, Barbe affirma que ce miracle n’était pas dû aux idoles païennes, mais à Dieu. Le juge tenta à nouveau de la ramener à la raison, mais en vain. Il décida donc de la faire martyriser… Elle fut présentée nue dans les rues de la ville, flagellée à coup de verges et de fouet à lanières ; elle eut les seins coupés par des pinces rougies au feu, mais elle ne ressentit aucune souffrance. Son horrible père, fou de rage, exécuta lui-même la sentence finale prononcée par le tribunal : il décapita sa fille au sommet d’une colline !

Il faut prier sainte Barbe pour être protégé de la foudre.

 

 

 

Voici les sept panneaux, ensemble exceptionnel, malheureusement très mal éclairé et fort peu mis en valeur…

 

 

 

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Dioscore, l’épée d’une main et la règle de l’autre, ordonne à ses ouvriers de murer les fenêtres de la tour pour empêcher sa fille de fuir à nouveau. Barbe, au sommet, semble supplier un maçon de ne pas exécuter cet ordre excessif.

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Dioscore vient de retrouver sa fille : furieux, il lui attache les cheveux à la queue de son cheval, cabré dans un curieux raccourci… Deux soldats sont en pleine discussion.

 

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Le supplice est atroce : Barbe subie la flagellation. Coup de fouet à lanières et paquet de verges doivent inciter la jeune fille à retourner vers les idoles païennes et à oublier ses penchants pour Dieu.

 

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Le Christ et un ange viennent réconforter la pauvre Barbe : enfermée à nouveau dans sa tour, elle semble prête maintenant à affronter, sans crainte, les autres tortures imposées par le tribunal.

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Les tortionnaires sont violents : celui de gauche lui coupe un sein, tandis que son compagnon de droite la fouette et brûle sa poitrine… Barbe ne semble pas souffrir de ces mutilations…

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Barbe, à genoux, attend avec grande sérénité le châtiment. Dioscore, furieux, ne laissera pas sa fille terminer sa prière : l’épée levée, il va lui trancher la tête.

 

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En haut : sainte Barbe est emmenée au ciel par quatre anges venus du Paradis.

En bas : Dioscore, tourmenté et saisi à bras-le-corps par d’horribles démons, est conduit en Enfer.

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Deux anges du Paradis

 

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« C'est alors que, retournant à la Cour, triomphant et fier de son zèle à servir les idoles de l'état, Dioscore  fut, par le ciel, frappé d'un coup de foudre : immédiatement son âme fut saisie par des démons sataniques qui lui firent subir les pires tortures… »

 

Le retable du Rosaire et l’autel de l’Annonciation

 

Un peu d’histoire de France…

En 1615, âgé de 14 ans, Louis XIII épousait la très jeune Anne d'Autriche sœur du roi Philippe V d’Espagne. Selon la coutume, les époux royaux ne vivent guère ensemble. La Reine avait ses appartements au Louvre, et le Roi séjournait habituellement à Saint-Germain-en-Laye. Ceci n'affecta pas, d'ailleurs, la fidélité qu'Anne et Louis se promirent un jour. Ainsi, la stérilité de leur union n’inquiétait guère la Cour. Toutefois, après dix années de mariage, la question commença à être préoccupante pour la succession du trône de France. La Reine, de peur d’être répudiée, priait beaucoup pour donner un héritier à Louis XIII. En 1630, elle eut une grossesse qui, comme les précédentes, se termina par une fausse couche. On pensait alors qu'il faudrait un miracle. Le miracle eut lieu, après 22 ans de mariage, par l'intercession de Notre-Dame de Grâces, et c'est bien ainsi que les royaux parents le virent.

 

 

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Le 27 octobre 1637, tandis qu'il était en prière avec ses confrères dans son couvent, le frère Fiacre, eut une soudaine révélation intérieure : la Reine devait demander publiquement qu'on fît en son nom trois neuvaines de prières à la Sainte Vierge, et un fils lui serait donné : la première neuvaine à Notre-Dame de Grâces en Provence, la seconde à Notre-Dame de Paris, la cathédrale, et la troisième à Notre-Dame des Victoires, l'église de son couvent. Tôt informée, la Reine se mit à croire, dans la Foi, en la réalisation de ces promesses du Ciel transmises par Frère Fiacre. Sous une forte inspiration intérieure, le 8 novembre 1637, Frère Fiacre commença les trois neuvaines au nom de la Reine. Celles-ci se terminèrent le 5 décembre suivant. Ce jour-là, Louis XIII rendit visite à Mademoiselle de La Fayette au couvent des Visitandines (le Roi venait souvent s’entretenir avec celle qui fut sa chaste favorite). Au sortir du couvent, Louis XIII fut surpris par un orage d'une rare violence. Obligé de passer la nuit à Paris il fit prévenir, au Palais du Louvre, la Reine, qui fut tout heureuse d'inviter son royal époux ; ils dinèrent en tête-à-tête et ne se quittèrent que le lendemain… Au début février 1638, sentant l'enfant remuer en elle, certaine de mener sa grossesse à terme, la Reine demanda au Roi de promulguer le fameux "vœu" de Consécration qui vouait la France à Notre-Dame. C'est cet événement que commémore le tableau de Pédernec.

Le 5 septembre 1638 naquit Louis XIV, prénommé Louis-Dieudonné en raison de l'aspect miraculeux de sa naissance. Cette même année 1638 sont commandés l'autel et le tableau.

 

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 L'autel est dû à Alain Cœuret, sculpteur à Guingamp. Le tableau commandé par les Capucins du couvent de Guingamp pour la confrérie du Rosaire de Pédernec fut « fait par Rigault et fait faire par François Briquir » (inscription en bas du tableau). Le tableau tout entier est consacré à la Vierge Marie et à la prière mariale par excellence : le rosaire. Marie y apparaît en majesté, au milieu d'un rosier, portant l'Enfant Jésus.

Quinze roses épanouies, formant un cercle, présentent chacune en un petit tableau rond, l'un des quinze mystères du Rosaire (mystères joyeux, douloureux et glorieux). Marie, l'Enfant Jésus et les deux anges distribuent des chapelets, pour réciter le Rosaire, l'un aux âmes du purgatoire, l'autre aux élus (qu'on ne voit pas). Deux religieux, de part et d'autre du tronc (des capucins du couvent de Guingamp vraisemblablement) viennent de planter le rosier.

Dans le coin inférieur gauche, on reconnaît les personnages historiques de l’événement : le Roi Louis XIII et la Reine Anne d’Autriche, Louise de La Fayette et le pape Urbain VIII.

 

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La Vierge de L’Annonciation du retable du Rosaire

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Ange de l’Annonciation

 

De belles statues ornent l’église Saint-Pierre : saint Jean-Baptiste, une Vierge de pitié du XVIIe siècle, un saint Hervé du XVIe siècle, une Trinité regroupant sainte Anne, la Vierge et l’enfant Jésus, un saint Michel terrassant le dragon, une sainte Philomène du XVIIe siècle…

 

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Saint Hervé

 

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Vierge de pitié

 

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Sainte Philomène

 

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L’Archange saint Michel terrassant le dragon

 

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Jean-Marie Baptiste Vianney, dit le Saint Curé d'Ars, est né le 8 mai 1786 à Dardilly, près de Lyon. Il fut le curé de la paroisse d'Ars-sur-Formans pendant 41 ans jusqu’à sa mort le 4 août 1859. Le saint curé d'Ars était déjà considéré comme un saint de son vivant tant il était dévoué à l'œuvre de Dieu. Il disposait de grâces étonnantes notamment comme confesseur. Sa charité était par ailleurs sans limites : il mangeait peu, passait des heures entières en adoration du Saint-Sacrement ; il dormait peu, surtout à la fin de sa vie, passant jusqu'à seize heures par jour à confesser ; il redistribuait tout ce qu'on lui donnait et n'hésitait pas à se démunir encore pour subvenir aux besoins de plus pauvres que lui.

 

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Saint Yves

Saint Yves Hélory de Kermartin, Yves de Tréguier ou simplement saint Yves dans la tradition catholique, est né vers 1250 et mort en 1303. En breton, il est appelé sant Erwan dans le Trégor, Iwan, Youenn ou Eozen dans d'autres régions. Prêtre et official du diocèse de Tréguier, il a consacré sa vie à la justice et aux pauvres. L'Église catholique l'a reconnu saint et le fête le 19 mai.

 

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Représentation de la Sainte Face.

 

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Saint Jean-Baptiste

 

 

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La Vierge

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Angelot

 

 

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Le vitrail du transept droit

Excommunication du comte du Poher Conomore, à la demande de saint Samson, par un synode des évêques de Bretagne. Saint Hervé, guidé par le petit Guiharan, y était convié, et l’on aperçoit en haut la petite chapelle du Mené Bré où eut lieu l’événement.

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Bannière de procession

Saint Pierre clé en main. Sur l’autre face, on peut découvrir une représentation de saint Hervé.

 

 

Pour terminer la visite de cette belle église voici quelques bas-reliefs décorant la très belle chaire à prêcher du XVIIe siècle sculptée par Lecleuziat.

 

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Réalisation et crédit photographique : Alain Ménard (propriété de l’auteur. © 2009). Aucune de ces images ne peut être utilisée, copiée, transférée, en tout ou en partie,
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