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.Sous l’empreinte de Marion du Faouët.
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LA
CHAPELLE SAINT-YVES EN PRIZIAC
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La chapelle Saint-Yves, isolée dans la
campagne, est située à un croisement de routes, au milieu d’un petit placître
bordé d’une murette. L’édifice adopte le type traditionnel des
chapelles morbihannaises, mais le développement s’effectue en hauteur. Le
parti élancé est illustré par le dédoublement de la chambre des cloches, par
les élévations à deux niveaux des faces ouest et sud et par les hauts
pinacles à crochets qui amortissent les contreforts d’angles. Les murs ouest et est, ainsi que les
extrémités des bras du transept sont de hauts murs-pignon à rampants ornés de
crochets végétaux et contre-butés aux angles par des contreforts sommés de
pinacles. La porte du mur Ouest, axiale, à
ébrasement mouluré d’un triple cavet et accostée de pilastres est surmontée
d’une rose à réseau rayonnant. Une porte en anse de panier, surmontée
d’un oculus, s’ouvre dans le mur Sud de la nef. Le chevet, les murs pignons
du bras du transept et le mur sud sont ouverts de hautes fenêtres en arc
brisé à réseaux flamboyants. Le clocheton comporte deux chambres de
cloches ouvertes sur leurs quatre faces. Il est surmonté d’une petite flèche
à gâbles. La chapelle qui précédait l’édifice actuel
fut détruite en 1881. La précédente chapelle était aussi dédiée à saint Yves,
saint particulièrement vénéré à Priziac et dans le Morbihan. Le pardon du
cinquième dimanche après Pâques fut toujours très suivi. Il cessa d’être
célébré de 1879 à 1882 en raison de l’état de la chapelle, mais fut rétabli
lorsque le nouvel édifice fut construit. On décida tout d’abord de réparer
l’ancienne chapelle, mais bien vite la paroisse se rendit compte que cette
solution aurait été trop coûteuse : une reconstruction totale
s’imposait… Mademoiselle Charlotte Anne Sidonie Harrington vivant à
Menepenmeur à Priziac prit l’essentiel des dépenses à sa charge. Elle laissa
seulement la toiture aux frais de la fabrique et les charrois et corvées aux
habitants du bourg. La nouvelle chapelle, plus grande que l’ancienne, fut
commencée en 1881 et terminée au début de 1882. La bénédiction eut lieu le 15
mai de la même année. L’atelier Lebrun de Lorient fut chargé de concevoir le
plan de l’édifice : il sculpta également les boiseries néogothiques et
toutes les statues de la chapelle. L’entrepreneur fut Joseph Hervé du Faouët. L’édifice
est construit en moyen appareil régulier de granite. La couverture est en
ardoise. Le sol intérieur est dallé de granite. Pénétrons maintenant dans la chapelle et admirons l’ensemble néogothique, constitué par les lambris, les autels, les stalles et la très belle tribune… |
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Pinacle et
gargouille du mur sud |
La façade ouest |
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La tribune est adossée au mur ouest. Elle est traitée
dans le style des jubés. La structure comporte trois niveaux :
Trois arcades en arc brisé retombant sur les chapiteaux
composites de quatre colonnes quadrilobées. L’extrados des arcades est orné
de choux frisés et l’intrados de fines découpes de bois. Les écoinçons sont
ornés de quatre personnages : Le Renégat, les Vains Serments, le Jeu et
la Boisson et l’Hypocrisie.
Une frise à figuration humaine représente les sept
péchés capitaux.
La tribune possède trois divisions correspondant aux
trois arcades du niveau inférieur. Au centre, sur fond de découpes de bois
très ajourées figure un motif de soufflets et mouchettes. De part et d’autre,
motifs de rosaces (à droite) et motifs cruciformes (à gauche). La partie centrale est encadrée par deux joueurs de
bombarde. Les divisions des panneaux sont soulignées verticalement par des serpents,
tête en bas. Au-dessus de la frise, sous les panneaux ajourés, rampent des
petits animaux (serpents, lézard, crapaud et scorpion). La conception de la tribune rappelle, à maints égards,
le modèle de Saint-Fiacre du Faouët. Lebrun s’en est inspiré directement
puisque c’est lui qui restaura ce jubé de 1862 à 1869. Le sculpteur sacrifie
au goût de la fin XIXe siècle en multipliant les animaux et notamment les
reptiles. |
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La Luxure et le Jeu Un démon
cornu, à tête humaine, dont le corps rappelle celui d’un bouc, tient dans la
main gauche une bourse bien remplie… « Abstenez-vous
des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. » (Pierre
2 : 11) |
La Paresse Cet homme,
vautré sur des draps, bâillant et s’étirant, porte un costume breton. « La paresse plonge dans la torpeur, et
l’âme nonchalante éprouve la faim. » (Proverbe) |
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L’Orgueil Cet homme est richement vêtu d’un chapeau
à plumes et d’un manteau drapé. Un paon fait la roue derrière lui. L’orgueil est
le commencement de tout péché, et pour les théologiens médiévaux, « le
péché général qui résume en lui toutes les fautes ». L’orgueil a
différentes facettes : c’est l’amour propre, la suffisance, la vanité,
la gloriole, le mépris, l’arrogance, le dédain. C’est l’amour désordonné,
démesuré de soi-même. |
L’Envie Cette femme en
costume régional, allongée et le cou tendu, est étreinte par un serpent qui
s’apprête à la piquer au cœur.. L’envie a pour
origine le diable tentateur, créateur de la mort. L’envie est un péché
difficile à éviter, il est le propre de l’enfance |
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La Gourmandise Cet homme, le visage déformé par la gloutonnerie, s’efforce d’avaler une énorme grappe de raisin. Il est nanti d’une queue de porc. |
La Colère Cet homme,
échevelé et les yeux exorbités, grimace de rage et s’arrache les cheveux. La colère est fille de l’avarice (Cassien) ou de l’envie (Grégoire le Grand). |
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L’avarice Le visage
méfiant, cet avare serre deux bourses contre son cœur. L’avarice, ou amour
excessif de la possession de richesses est le vice intermédiaire entre
intériorité (envie, colère) et extériorité (gourmandise et luxure). L’orgueil
est un amour désordonné de soi, l’avarice en est le mauvais usage |
Aux
écoinçons des arcs inférieurs trônent quatre personnages :
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Le Renégat |
Les Vains
Serments |
Le Jeu et la
Boisson |
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L’Hypocrisie |
La chapelle comporte un bel ensemble de lambris
auxquels s’intègrent les autels du chœur et les bras du transept. Les lambris
couvrent les murs de la nef à mi-hauteur et sont plus élevés dans le chœur.
Ils sont constitués de panneaux sculptés d’un décor néogothique rayonnant et
sommés de fleurons. Aux quatre angles de la croisée, des niches à dais
abritent quatre statues de bois :
Des dais de même type abritent deux statues contre le
mur est du chœur : à gauche saint Yves et à droite sainte Anne et la
Vierge. Dans le transept, sur les autels en bois, s’appuient
des retables-lambris qui prolongent ceux des murs et présentent les mêmes
décors. Dans l’axe des retables, des niches à dais, abritent au nord la
statue du Sacré-Cœur et au Sud celle de saint Dominique. Les tables d’autel sont portées sur la face frontale
par des colonnettes dont les chapiteaux sont à décor végétal. Les devants d’autels portent des panneaux sculptés en
bas-relief : au sud, l’apparition de la Vierge Marie à Fatima devant
deux enfants et, au nord, le Christ en buste. L’antépendium de l’autel du chœur est creusé de cinq
niches en arc brisé : il abrite cinq statuettes de bois : au centre
le Christ et, de part et d’autre, saint Joseph et la Vierge, sainte Anne et
saint Joachim. Les stalles du chœur présentent les mêmes décors que
les lambris : lancettes trilobées et quadrilobées. |
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Retable du
transept Nord |
Le Christ |
Retable du
transept Sud |
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L’apparition
de la Vierge à Fatima |
Joueur de
bombarde |
Joueur de
bombarde portant un masque |
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Et voici, pour terminer notre visite à
Saint-Yves en Priziac, les informations locales qui ont permis à l’abbé Le
Gohebel d’évoquer ce qu’était autrefois le pardon à Saint-Yves… (Archives
paroissiales XXIIe, cahier pages 52-53 de 1923). « Autrefois, il y avait feu de joie et Vêpres. Au milieu
du bûcher, on plaçait un mât, un coq en bois peint. Au-dessus du coq, on
attachait un canon de fusil bourré de poudre. Au cours de la procession, le
clergé s’arrêtait près du bûcher, y mettait le feu. Quand les flammes
atteignaient le canon du fusil, il se produisait une violente explosion et le
coq était lancé à une grande hauteur pendant que le clergé chantait le Te
Deum. On se disputait les débris du coq ; il y avait
souvent rixe entre les jeunes gens des différentes paroisses, ce qui amena la
suppression du feu de joie » |
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Réalisation
et crédit photographique : Alain Ménard (reproduction interdite
copyright www.bretagne-sacree.fr) Mai2008. Source : Inventaire topographique de la commune de
Priziac, 1966, DRAC Bretagne- Service régional de l'Inventaire). |
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