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.Les pierres de la vallée de l’Aulne.
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NOTRE-DAME DE TREGURON EN GOUEZEC
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La Chapelle de Notre-Dame de Tréguron en
Gouézec est située à trois kilomètres environ au nord-est du bourg. Pour y
accéder, on emprunte le C.D. 41 en direction de Saint-Thois, en passant par
le petit hameau de « Kroaz-Toull ». Un kilomètre plus loin, un
panneau, sur la gauche, indique la direction à prendre. Dans un joli coin de
verdure, planté de chênes et de châtaigniers se dressent le petit calvaire et
la chapelle, point culminant du plateau qui domine le vallon où coule le
Rosvéguen. La commune était autrefois réputée pour ses ardoisières qui furent
exploitées jusqu’en 1914. Près de la jolie fontaine, il subsistait encore en
1990 de très belles ardoises qui font virer au bleu les hortensias… On n'a
pu, pour l'instant, déterminer le sens précis de ce mot "Tréguron".
Doit-on y voir le mot "kurun" (par mutation = "gurun")
signifiant "tonnerre" ? Le cantique y fait allusion : |
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Ar Werc'hez, deuz peb seurt danjer, Deuz ar gurun, an tan gwall, A oar ato, pa he feder, Asten he dorn d'hon diwall. La Vierge, de toute sorte de danger Du tonnerre, de l'incendie Sait toujours, lorsqu'on la prie, Étendre sa main pour nous protéger. On admet, actuellement, que
"Tréguron" serait la transformation ou déformation de "teier
gurunerin" (trois couronnes, ce qui donnerait à penser que la chapelle a
été édifiée en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire...). Cette chapelle est le centre d'une grande
dévotion qui ne dépasse guère aujourd'hui les limites de la paroisse, mais
dont le renom s'étendait, il y a quelques cinquante ans seulement, jusqu'aux
confins de Scaër, Bannalec et même à certaines paroisses du Morbihan. Les mères de famille et les nourrices y
venaient spécialement pour demander à la Vierge abondance de lait, pour
obtenir une heureuse délivrance et la grâce d'être bonnes nourricières. Les
femmes déposaient des épingles au bas de la robe de Notre Dame. Extérieur de
la chapelle : L'édifice a de vastes proportions :
30 mètres de longueur totale. La façade ouest révèle une architecture de la
fin de la période gothique. L'ébrasement de la porte, sous le clocher, est
orné de moulures séparées par des gorges ; des deux côtés sont des
pilastres couronnés de pinacles et réunis par une contre-courbe
feuillagée ; puis viennent deux contreforts bas, mais vigoureux. |
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Le clocher gothique comprend un beffroi à
deux baies surmonté de clochetons d'angle et d'une flèche hérissée de
crochets. Au rampant du pignon Ouest et des gâbles des fenêtres, figurent
des gargouilles, des lions et des marmousets. Le mur sud, percé d’une porte et de deux
fenêtres, est d’une bonne hauteur. Le mur nord, correspondant à un bas-côté,
a sa toiture descendant très près du sol. Sur la porte latérale donnant au Sud, on
lit l'inscription suivante1737 « IAN : EAEERI IUN : MERIEN FAb ». Cette porte a été refaite en copie exacte par Monsieur
Moal en 1965. L'abside, a pans coupés, est masquée par
le transept sud et la sacristie. Ceci est vraiment fâcheux, car cette abside
présente un aspect monumental, avec soubassement à caissons, de belles
fenêtres surmontées de gâbles, des contreforts percés de niches à coquilles
et couronnés de lanternes, le tout de style Renaissance du XVIIe siècle,
1653, pour être précis. Cette construction est certainement postérieure à la
nef et à la façade ouest. Une curieuse sacristie octogonale est reliée à
cette abside. Sur la fenêtre de la sacristie figure la date de 1758. |
La pietà du calvaire de Tréguron De sa main
droite, Marie soutient la tête de son fils que l’on vient de décrocher de la
croix |
Le calvaire,
au sud de la chapelle, est tourné vers l’ouest. Le fût est fixé sur quatre
assises de pierres donnant au monument une grande élévation. |
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Non loin de la sacristie, et face au
transept du midi, la croix calvaire est montée sur un haut piédestal
également octogonal. Sur le socle existe une jolie pietà. Sous les pieds du
Christ se lit la date de 1749. |
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Sainte
Catherine tenant sa roue |
Intérieur de la chapelle : La
tribune : L'intérieur est presque monumental, grâce aux arcades
robustes qui séparent la nef du collatéral nord. Les branches du transept et
de l’abside donnent de l'ampleur à l'édifice. Il est à remarquer encore une belle tribune dans le
transept Sud, une chaire à prêcher délicatement peinte en tons pastel, et un
grand Christ en croix (bois) attaché à l'une des poutres de la nef. Mais, ce
qu'il y a vraiment de très beau à Tréguron, ce sont les statues qui font
partie de la liste prestigieuse des objets classés par les Monuments
historique. Dans le
transept Nord : Sainte
Catherine (statue en bois d’une
hauteur de 1,20 m datée du XVIIe siècle) : ses attributs rappellent
traditionnellement toute sa légende. Elle est couronnée, car elle est fille
de roi. Catherine, vêtue d’une tunique blanche, drapée dans un beau manteau
bleu nuit, porte la roue de son supplice (parsemée de clous et de
rasoirs) ; roue brisée, car grâce à ses prières cet instrument de
supplice éclata en pièces sans lui faire aucun mal. Sainte Catherine appartiendra
aux visions de Jeanne d'Arc avec sainte Marguerite. Sainte
Marguerite (statue en bois d’une
hauteur de 1,10 mètre datée du XVIIe siècle) : vierge et martyre, elle
veille aux heureux accouchements. À demi-assise, dans un grand manteau rouge
formant tablier, elle foule le monstre énorme qui la regarde avec stupeur, la
gueule béante, les anneaux de sa queue dressée vers le haut, encore surpris
de ce qui vient de lui arriver… Il est l’image des profondeurs de la
destinée. « Pendant qu'elle était dans son cachot, elle pria le Seigneur
de lui montrer, sous une forme visible, l’ennemi avec lequel elle avait à
combattre, et voici qu'un dragon effroyable lui apparut ; le monstre lui
mit sa gueule sur la tête et la langue sur le talon et l’avala à
l'instant ; mais pendant qu'il voulait l’absorber, elle se munit du
signe de la croix ; ce qui fit crever le dragon, et la vierge sortit
saine et sauve ». |
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Sainte
Marguerite piétinant le dragon |
Saint François
d’Assise montrant ses stigmates |
Dans le transept Sud, un très naïf saint François d'Assise, en pierre polychrome, montre les
stigmates de ses mains tout en tenant sur sa poitrine un livre sacré, ouvert,
retenu par ses avant-bras. On peut y lire le mot « LAUDATE »,
premier mot des psaumes 112, 114, 146 et 150.
Aucun autre mot n’est lisible sur les douze lignes
gribouillées des deux pages barbouillées de peintures. En revanche, une belle
inscription, très lisible, est peinte sur le socle même de la
statue : « SANCTE
FRANCISCE ORA 1629 » |
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Saint Éloi tient
fièrement son marteau !
Sur l’ancienne carte postale de droite, on distigue le pot contenant le
baume miraculeux tel qu’il est décrit dans le livre « La sculpture
bretonne » de Victor henry debidour. |
Dans ce même transept trône, sans doute,
la plus curieuse des statues : un saint
Eloi, également en pierre polychrome, costumé en maréchal-ferrant, avec
une paire de grosses tenailles passée à la ceinture. Amusante
représentation : deux petites moustaches en virgule et une petite mouche
de barbe ornent son visage. Un marteau dans la main droite, l’extrémité d’une
patte de cheval dans l’autre, il est ici en plein travail. Sur les flancs de
sa « bigorne » sont figurés, en relief, le tranchoir utilisé pour
rogner la corne des sabots et la paire de tenailles. En revanche, les trois
fers à cheval sur la face avant sont simplement peints, recouvrant peut-être
aujourd’hui, d’autres inscriptions définitivement perdues. Sur son enclume
était posé autrefois un petit pot avec l’inscription :
« baume », le remède miracle pour tous les vilains maux qui peuvent
atteindre les chevaux. Ce pot ne figure pas dans l’inventaire de 1994. Pendant de longues années et même encore plusieurs
années après la guerre (1939-1945) jusqu'à l’arrivée des tracteurs, les
cultivateurs de Gouézec et des paroisses avoisinantes amenaient leurs étalons
et leurs poulinières pour invoquer saint Eloi. Ces chevaux étaient rassemblés
autour du calvaire et le prêtre les unissait après la messe basse. En 1939, le saint Éloi fit un voyage à Paris à l'occasion
d'une exposition d'art sacré où il obtint le premier prix. Cette distinction
lui valut d'être reproduit dans la plupart des journaux et grands illustrés
de l'époque. La guerre survint sur ces entrefaites et pendant longtemps les
paroissiens de Gouézec pensèrent qu'il ne reviendrait plus prendre place dans
sa niche séculaire… En 1947, il la réintégra cependant, et durant la décade
qui suivit, « son pardon aux chevaux » se célébra, comme autrefois, le matin
du pardon de la chapelle, avec pompe et solennité... Les volets de la niche, dont les revers sont peints en
bleu avec une bordure rouge, sont retenus au mur par des crochets. Sur les
faces visibles sont peints huit personnages : Volet de gauche : - Une sainte abbesse portant crosse qui figure peut-être
sainte Scolastique (sœur de saint Benoît). - Saint Jean Baptiste en tunique rouge, l’index pointé
vers l’agneau posé sur le livre. - Saint Guillaume d'Aquitaine, en robe brune, le corps
entouré de chaînes, tenant en main un bourdon de pèlerin. - Saint Laurent tenant le grill de son supplice. Volet de droite : Quatre saints bretons y figurent. - Saint Herbot, les doigts joints, est vêtu de la bure
d’ermite. - un saint non identifié. - Saint Yves, portant robe rouge, camail et barrette de
même couleur, avec surplis moucheté d'hermines. - Saint Vincent Ferrier présenté dans le costume de son
ordre. Il est inhumé dans la cathédrale de Vannes.
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La statue qui capte l’attention du
visiteur est, sans aucun doute, la Vierge allaitante en pierre peinte, dite
Notre-Dame de Tréguron. Abritée dans une niche d'ornementation de la fin du
gothique, assise dans un fauteuil finement décoré, les cheveux tombant de
chaque côté en deux longues tresses serrées dans des bandeaux de fin tissu,
elle a le corsage très serré à la taille, mais largement ouvert dans le haut,
laissant apparaître deux seins gonflés de lait. Elle presse le sein droit
pour en faire jaillir trois gros ruisseaux destinés peut-être aux fidèles.
L’enfant Jésus, quant à lui, a saisi l’autre sein et en aspire goulûment la
substance. Cette femme est fière de sa féminité et de son rôle de mère
nourricière. Son visage est radieux, heureuse de nourrir l’Enfant de Dieu,
elle est ici un symbole : celui de toute mère ayant un jour donné de son
corps la substance indispensable à l’enfant qu’elle a porté en son ventre… À
gauche de cette Vierge plantureuse, dans les années cinquante, de nombreux
ex-voto étaient suspendus par des fils à une sorte de grand fer à cheval, hérissé
de pointes en forme de crochets, fixé
dans le mur à l'angle du carré du transept. On pouvait y admirer des petites
représentations du corps humain tout entier, des bras, des jambes et des
seins en cire que les jeunes femmes de Tréguron appendaient pour remercier la
Vierge de leur avoir donné le lait maternel indispensable à leurs nouveaux
nés. Victor Henry Debidour, après sa
visite à Tréguron avant 1950, écrivit dans son très beau livre la
« Sculpture Bretonne » paru chez Plihon en 1954 : « Cette
mère plantureuse est invoquée par celles qui craignent d’être mauvaises
nourrices, comme l’atteste les seins de cire appendus autour d’elle en
ex-voto ». Le service chargé de
l’Inventaire général de Rennes précise, quant à lui, que « le groupe
sculpté de la Vierge allaitante à Notre-Dame de Tréguron de Gouézec
comportait des volets vitrés, constituant un aménagement anachronique
purement pratique certainement, comme on les devine sur les photos que nous
conservons de la collection Le Thomas et qui datent de 1953 ». En 1960, les volets blancs de sa niche, garnis chacun
de douze vitres étaient encore présents,
(mais les figurines et les seins de cire avaient déjà été ôtés. Lors
de ma première visite à la Vierge de Tréguron, en août 1989, les volets
avaient disparu : il ne reste aujourd’hui que les gonds de fixation. La reproduction d’une carte postale des
années 1930 permet de distinguer nettement des petits ex-voto, principalement
des membres en cire et quelques bonnets d’enfants, dont un coiffe élégamment
l’enfant Jésus au sein… Une photographie du fond Thomas de
l’Inventaire général de la DRAC de Rennes permet de distinguer les volets vitrés. Cette Vierge est une «Virgo Lactans» des
plus originales... La maternité l’emporte ici sur la pudeur habituelle
réservée à une sainte. Sur le socle du fauteuil on lit : «AVE : MARIA : PLENNE : DE : GRACE», et sur le socle supportant l'ensemble : «L : 1.654 H : KPRAT : F » (L'An 1654, H. Kerbrat, Fabricien). |
Quelle fierté,
quelle jolie et plantureuse poitrine ! Cette Vierge
est sans aucun doute la plus réaliste de toutes les Vierges allaitantes
connues en Bretagne. Dans la chapelle Saint-Denis à Seznec en Plogonnec,
figure une Vierge portant le nom de Notre-Dame de Trégueuren. Les gestes de
la main et la position de l’Enfant rappellent sans aucun doute la Vierge de
Tréguron. Mais cette statue, si curieuse soit-elle, n’est qu’une pâle
réplique de la dame de Tréguron. |
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On distingue
sur cette très vieille carte postale les ex-voto, membres et corps en
cire, ainsi que les petits bonnets
d’enfants : l’un d’entre-deux coiffe l’enfant Jésus. Les volets sont
encore présents. |
Sur cette
reproduction du cliché réalisé par le docteur Le Thomas on remarque l’absence
des ex-voto. Collection Le Thomas © Région-Bretagne, 1953 |
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Fontaine de
Tréguron : A quelque distance de la chapelle (250 mètres environ),
en suivant un chemin creux, on accède à la fontaine de la Vierge, ressemblant
à celle de Notre-Dame des Trois-Fontaines, et abritant également une statue
en pierre de la Madone, son divin fils sur le bras gauche et montrant
également ses seins. |
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À quelle occasion la chapelle a-t-elle été
fondée ? On ne le sait pas. Elle a été bâtie en 1653 comme
l’indique la date que l'on trouve au chevet de la chapelle. Le calvaire date de 1749 et la sacristie de 1758. Sur
le croisillon, devant et au revers, se remarquent répétés, les écussons des
familles nobles de Poulmic, seigneurs de Tréguron (échiqueté d'argent et de
gueules), et de la Bouexiere, seigneurs de Rosvéguen (sautoir d'or). Tréguron fut donc un lieu de pèlerinage bien connu des
anciens : autrefois les femmes enceintes devaient impérativement prier
devant l’autel, puis se rendre à la fontaine. Elles ouvraient alors leurs
corsets, s’aspergeaient puis se frottaient les seins avec l’eau miraculeuse
en prenant soin de jeter quelques épingles dans le petit bassin. Elles
obtenaient ainsi les grâces de la Vierge de Tréguron. Les anciens narrent
encore cette légende qu’il est intéressant de relater : Un jour, ayant eu des jumeaux, une jeune femme se rendit à
Tréguron pour obtenir de la Vierge le précieux lait nourricier si recherché en
ces temps lointains. Elle y vint avec son mari, qui la vit jeter dans la
fontaine, une à une les trois épingles de son corset en faisant à chaque fois
le signe de croix. Quand il vit son épouse se frotter la poitrine, moqueur il
en fit autant en blasphémant… Une
semaine après, dans des douleurs atroces, il lui était poussé deux grosses
poches de lait sur la poitrine. Il s’en fut voir une sorcière de Gouézec qui
refusa immédiatement de le soigner : «
Va voir le Recteur, ton mal n’est pas de mon ressort ! ». Le
pauvre diable devint la risée de tous les autres hommes du village. «
Tu n’es plus un homme, mais une femme pleine de lait ! ». À contrecœur, il vint frapper à la porte du presbytère ;
le recteur l’entendit immédiatement en confession ; ce qu’il apprit ne
l’étonna guère et il imposa à son malade une pénitence assez étonnante : «
Rends-toi dès aujourd’hui à la chapelle de Tréguron, pieds nus, une baguette
de saule dans une main, sans oublier quelques épingles servant à fermer le
corsage de ton épouse. Tu referas avec dévotion et humilité tout ce que tu
avais fait avec raillerie ! ». Notre homme se rendit à Tréguron et fit
contrition : il fut guéri dans l’instant et revint dans son village
raconter son histoire… Jurant haut et fort qu’on ne l’y prendrait plus… Après
cette mésaventure, il ne manqua jamais, dit-on, jusqu'à sa mort, de venir
pieusement prier la Vierge le jour du grand pardon. |
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La statue dans
toute sa splendeur : cette Vierge allaitante est sans aucun doute la
plus belle que l’on puisse trouver en Bretagne |
On distingue ici nettement les trois gros ruisseaux de
lait s’écoulant du mamelon droit de la Vierge. |
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Dans l'abside, à droite et faisant face
à la Vierge allaitante, se trouve le groupe triple, en bois doré, de sainte
Anne, la sainte Vierge et l'enfant Jésus : les deux femmes sont côte à
côte, l’enfant est assis au milieu, sur un genou de l’une et un genou de
l’autre. Un doigt, posé sur un livre ouvert mettant en évidence la fonction
d’éducatrice de la mère de la Vierge, il semble se concentrer sur sa lecture.
Il tient le globe terrestre dans la main droite. Avant la découverte de la
rotondité de la terre par Galilée, le globe était le symbole de la maîtrise
divine sur le monde. Les barres du T doré, sur fond bleu, rappel l’existence
des trois seuls continents connus à l’époque : Europe, Asie et Afrique. Marie est ici adulte, sa taille étant
semblable à celle de sa mère, on ne peut la distinguer que par les traits de
son visage : bien souvent, la Vierge Mère est une enfant, car il s’agit
de montrer la double maternité surnaturelle, Marie ayant dans ces Trinités
dix ou douze ans et Jésus étant alors un bébé. La croyance populaire assurait
que l’aïeule de Jésus, était avant de s’établir en Terre Sainte, née en
Bretagne… |
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Le très beau
groupe de « Sainte Anne Trinitaire ». |
L’Enfant Jésus
tenant le globe terrestre. |
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Objets mobiliers classés (par les Monuments Historiques) : Les restes de deux
vitraux (abside et croisillon) nord XVIe siècle, 4 décembre
1914. Saint Eloi, statue, en pierre XVIe siècle, 4décembre 1914. Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant, groupe en bois XVIe
siècle, 4 décembre 1914. Christ en
croix, statue, bois sculpté, XVIe
siècle, 4 décembre 1914. Vierge à
l'Enfant, dite Notre Dame de Tréguron
statue en pierre, XVIIe siècle, 4 décembre 1914. Saint Joseph, statue, bois polychrome, XVIIIe siècle, le
6 décembre 1965. Saint
Corentin, statue, bois polychrome,
XVIIIe siècle, le 6 décembre 1965. Sainte
Catherine, bois polychrome XVIIe
siècle, le 6 décembre 1965. Saint François
d’Assise, statue en pierre XVIe
siècle, le 6 décembre 1965. Sainte
Marguerite, statue, bois polychrome,
XVIIe siècle, le 6 décembre 1965. |
Sainte Barbe
(autel du bras nord) |
Sainte Barbe
(sacristie) |
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Saint Corentin |
Le Christ fixé
sur la poutre de la nef |
Saint Joseph |
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Levons
maintenant les yeux vers les poutres et les belles sablières de la chapelle
de Tréguron et laissons notre regard s’émerveiller … |
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Restauration
de la chapelle : Comme l'indique le compte rendu des
dépenses effectuées pour l’entretien de la chapelle de Tréguron, de 1960 à
nos jours, nous constatons que celles-ci ont été faîtes, non seulement pour
entretenir la chapelle par des travaux
de charpente et de vitraux de 1960 à 1965 mais aussi pour embellir par
la restauration le mobilier, et ce à partir de 1979. Ce compte-rendu nous montre que si le coût des travaux
fut assez élevé la participation de la commune aux frais est modique, et
cela, grâce à la classification de la
chapelle, qui oblige les Beaux Arts à prendre à leur charge le gros des
dépenses. 1960 Première tranche : charpente, vitraux et
toiture pour 12 990 F. 1961 Deuxième tranche : charpente, vitraux et
toiture pour 15160 F. 1964 Troisième tranche charpente et toiture pour 32390
F 1965 Quatrième tranche restauration de mobilier pour 5
000 F. 1979 (groupe de sainte Anne, la Vierge de Tréguron,
saint Eloi) pour 25 430 F (dont 5690 pour la commune). 1981 Restaurations de mobilier (saint Corentin) pour
4.894 F (dont 1316 pour la commune). 1984
Restaurations de l’abside et de vitraux pour 31 715 F (dont 5273 F pour
la commune |
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Ajoutons encore, pour finir, une petite
anecdote locale bien humoristique. Autrefois, le pardon de Tréguron se célébrait le même
jour que celui de «Gars-maria», une chapelle située de l'autre côté de
l'Aulne (rivière devenue par la suite le canal de Nantes à Brest) sur le
territoire de la commune voisine de Pleyben. Aux heures des messes et des
vêpres, les cloches de chacune de ces deux chapelles sonnaient aux mêmes
moments de part et d'autre de la profonde vallée. Pour faire "rager" les gouézecois, les
habitants de Pleyben prétendaient que la cloche de "Gars-maria"
disait à qui voulait l'entendre : « Tud Goezeg, laëron tout, Laëron tout, 'Laéron
tout... » C'est-à-dire
: « Gens de Gouézec, tous voleurs, Tous voleurs,
Tous voleurs… » A
quoi, l'humble cloche de "Tréguron" répondait : « 'Giz m'emaint emaint, Giz m'emaint
emaint... » Soit
: « Comme ils sont, ils sont, Comme ils sont, ils
sont... » Le pardon de Tréguron se célèbre le deuxième dimanche
de septembre et est fréquenté avec grande dévotion par la plupart des
familles de la paroisse. Textes d’après une documentation des
chanoines Abgrall et Peyron Brochure de la chapelle. Inventaire général Reproduction interdite. Réalisation et crédit
photographique : Alain Ménard (propriété de l’auteur. © 2009). Aucune de
ces images ne peut être utilisée, copiée, transférée, en tout ou en
partie, sans le consentement écrit du
photographe – bretagne-sacree.fr. |
Panneau de la
chaire à prêcher : panier garni de huit roses. |
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